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C’est un Rustler 36 paré de ses plus belles couleurs qui a retrouvé son élément mardi après 3 mois intenses de chantier. Damien Guillou et son équipe finalisent cette semaine les derniers petits travaux avant de recevoir les voiles lundi prochain. Les navigations pourront alors débuter afin de découvrir et prendre en main le bateau. En septembre, le skipper de PRB partira en qualification pour valider sa participation à la Golden Globe.
 
Arrivé en configuration croisière en avril depuis l’Italie, le Rustler 36 n’a désormais plus rien d’un bateau de tourisme. D’abord allégé de tous ses équipements de confort (frigo, chauffage, etc.) et de son pont en teck, le monocoque a ensuite subi d’importantes modifications pour devenir un véritable bateau de course destiné à faire le tour du monde dans le respect de la stricte réglementation imposée par l’organisateur de la Golden Globe Race.

Changement du moteur et de l’accastillage, installation complète d’un nouveau circuit électrique, modification de l’emplacement pour le nouveau mât, création d’une casquette etc., la liste des travaux effectués sur le Rustler 36 est longue. « On a transformé le bateau en un temps très court. On a réussi à faire en 3 mois ce qui en demandait quasiment 6. Il y a vraiment eu énormément d’heures de boulot. On a gagné un temps de fou sur le chantier, c’est vraiment bien ! » Le travail effectué par Damien Guillou et son équipe en 3 mois est en effet colossal et ne demande maintenant qu’à être validé sur l’eau.
 
Un mois d’août consacré aux navigations
À un peu plus d’un an de s’élancer sur le tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance et sans moyen moderne de communication, le temps est compté pour Damien. Lundi prochain, le Rustler 36 recevra son jeu de voiles et sera alors fin prêt pour les premières navigations. « On va pouvoir aller naviguer, il me tarde ! Ça va vraiment me faire quelque chose d’être à la barre de ce bateau ! Ce sera aussi l’occasion de voir si tout est bon sur les voiles, le mât, le gréement. Il n’y a que sur l’eau que je pourrai me rendre compte de tout cela. On va partir sur des navigations à la journée pour débuter et dès que nous aurons validé les choses, je partirai pour une navigation de 24 heures avec une nuit en mer. »
Cette fin de chantier va également permettre au skipper de PRB de reprendre son apprentissage du sextant qu’il avait un peu laissé de côté, « Il faut aussi que je me remette au sextant et à la carte. J’en avais fait beaucoup avant le chantier, mais j’ai un peu abandonné ensuite car j’étais à temps plein sur le bateau. Maintenant je vais pouvoir m’exercer avec cet appareil en situation réelle, c’est super ! »

C’est donc un mois d’août chargé qui attend Damien Guillou afin de prendre en main son bateau et engranger des milles à la barre du monocoque sur lequel il passera plus de 200 jours seul en mer dans un an. Début septembre, le skipper s’élancera sur un parcours de 2000 milles pour valider sa participation à la Golden Globe Race.

 

C’est avec son directeur technique Loïc Féquet que Kevin Escoffier est allé à Hampshire, en Angleterre pour une première visite au chantier Carrington où est construite la coque du futur PRB. Le contexte sanitaire n’avait en effet pas permis au skipper de PRB de s’y rendre plus tôt. L’occasion de deux jours d’échange et de travail avec les équipes qui se consacrent actuellement au plan Verdier.

À plusieurs reprises dans sa carrière, le Malouin a participé à la construction de bateaux de course pour différents skippers, Crêpes Whaou (2005 - Franck-Yves Escoffier), PRB (2006 - Vincent Riou) et Banque Populaire (2008 - Pascal Bidégorry, 2015, 2018 et 2021 - Armel Le Cléac'h). Il en garde des souvenirs passionnés. Mais cette fois, il s’agit de construire un monocoque de 60’ qui lui sera destiné en vue du Vendée Globe 2024. Un projet différent, un projet d’envergure dont il savoure chaque minute avec un double regard… Celui du sportif bien sûr mais aussi celui de l’ingénieur et du féru de technologie.

« Lors des constructions auxquelles j’ai pu participer, même si ce n’était pas des bateaux qui m’étaient destinés, je m’y suis impliqué comme si ça avait été pour moi. Évidemment, cette fois, il y a quelque chose de différent. Je construis un nouveau PRB que je vais skipper. Mais tu ne construis pas un bateau pour nourrir ton ego. C’est un projet collectif avec PRB, avec mon équipe. Un projet qui doit répondre à certains critères dont un budget maitrisé car PRB est une PME et non pas un grand groupe international. C’est un paramètre important qui conditionne tous les choix que l’on peut faire aujourd’hui dont le premier, celui d’avoir racheté cette coque en Angleterre. D’ailleurs PRB a la volonté d’être accompagné par un autre partenaire pour cette nouvelle campagne Vendée Globe dans l’objectif de façonner tous ensemble un projet gagnant » explique Kevin Escoffier.

 

Credit - Lloyd Images

 

Polyvalence et fiabilité, maître-mots de cette construction

Si le plan Verdier n’en est encore qu’à ses prémices, Kevin a bien en tête ce qu’il veut réaliser avec ce bateau et par conséquent, à quel cahier des charges il souhaite que ce nouveau PRB réponde. Et pour le skipper, il y a deux mots d’ordre essentiels : la polyvalence et la fiabilité. L’étrave du plan Verdier a d’ailleurs subi des modifications importantes dans cet objectif. D'autant que, comme l'a montré le dernier Vendée Globe, chaque tour du monde est différent sur le plan météo, il ne s'agit donc pas de faire un bateau trop typé. Kevin Escoffier veut s'assurer d'une large capacité à exploiter son 60' quelles que soient les conditions rencontrées.
« L’objectif est d‘avoir un bateau polyvalent, fiable et avec une masse maitrisée. Nous allons accepter de perdre un peu par mer plate dans des vents légers pour gagner en performance dans une mer formée et dans des vents plus forts. J’ai eu la chance de participer à la construction de différents bateaux. J’ai aussi navigué beaucoup sur le dernier PRB. Ce sont des références en termes de sensations, de comportement à la mer. Ces expériences vont évidemment me servir et être précieuses dans la construction de PRB. Notre plan Verdier sera dans la lignée de LinkedOut (6e du Vendée Globe avec Thomas Ruyant) et d’Apivia (2e du Vendée Globe avec Charlie Dalin). Ce sera une évolution de ces bateaux qui intégrera bien évidemment les changements de jauge » commente Kevin.

Celui qui a dû abandonner ce Vendée Globe après la casse de son PRB met aussi bien sûr la fiabilité au cœur des enjeux. « Je ne ferai pas d’économie sur la fiabilité. D’ailleurs, nous avons ajouté des renforts sur la coque » ajoute-t-il avant de préciser que le développement des foils fait aussi l’objet de toutes les attentions de l’équipe et des architectes. « Les foilers sont des bateaux puissants et rapides au reaching. Tous l’ont démontré. Mais il faut aussi être rapide au portant car ce sont des conditions que l’on rencontre souvent. Le portant VMG est probablement le point faible des foilers car ils sont plus lourds et nous allons travailler beaucoup sur ce point. Aujourd’hui, les bateaux ont évolué vers des foils plus lourds. C’est un enjeu important. D’ailleurs, nous faisons une étude spécifique sur ces appendices. Celle-ci aura un impact fort sur la performance ».

Le calendrier de construction de PRB, 6e du nom, est rythmé pour répondre à la volonté de participer en juin 2022, à la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne. Cette course qui constituera le premier galop d’essai mettra Kevin et PRB face à des IMOCA de 2020 aboutis et fiabilisés. Un banc d’essai idéal avant de se préparer pour le premier grand rendez-vous du bateau : La Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2022.

C’est un moment symbolique dans le projet de Golden Globe Race de Damien Guillou …. Un moment que le skipper PRB attendait avec impatience ! Vendredi dernier à Port-la-Forêt, Damien a réceptionné le bateau avec lequel il s’élancera au départ de la Golden Globe Race, tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance et sans moyen moderne de communication en septembre 2022. Actuellement en configuration croisière, le Rustler 36 est entré en chantier pour deux mois afin de procéder à un refit total qui le transformera en bateau aménagé pour une course autour de la planète. 

 

« C’est l’histoire qui démarre entre nous »

Parti quelques jours plus tôt d’une marina près de Venise en Italie, le Rustler 36 est arrivé en fin de semaine dernière, par la route, à son port d’attache de Port-la-Forêt. Une arrivée vécue avec beaucoup d’émotions pour Damien Guillou et qui concrétise un peu plus le projet incroyable dans lequel il s’est lancé en novembre dernier avec PRB : participer au tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance et sans moyen moderne de communication. « Ça fait déjà quelques temps que j’ai fait le choix de m’engager sur la Golden Globe Race, mais tant que le bateau n’était pas là, ce n’était pas pareil. Ce n’est pas uniquement un bateau qui est arrivé physiquement ici, c’est un peu comme s’il avait une âme. Et ce sentiment est d’autant plus fort que je m’attaque à la Golden Globe Race. Nous allons passer énormément de temps ensemble. C’est l’histoire qui démarre entre nous aujourd’hui. » 

 

Deux mois de chantier intense 

Décapage de la carène, démontage du pont en teck, de l’accastillage, changement du moteur, du mât, du gréement, installation de l’équipement électronique obligatoire, etc. La job list est conséquente mais le Rustler 36 est très sain et Damien Guillou s’en réjouit. « Dans un premier temps quand le bateau est arrivé, nous l’avons regardé avec pas mal d’attention pour vraiment bien se rendre compte du boulot qu’il y avait à faire dessus. Quand je l’avais vu en Italie, il était recouvert d’un taud très bas sur tout le pont donc ce n’était pas très évident de voir dans le détail. Finalement je trouve le bateau encore plus propre, il est hyper sain, en bon état, c’est une super base ! En le vidant j’ai aussi découvert un loch à hélice (appareil d’époque qui permet de connaître la vitesse du bateau). C’est un objet obligatoire pour la course mais qui est très rare. C’était la bonne surprise de le trouver à l’intérieur ! »

Hébergé dans les locaux de Vincent Riou, le chantier va durer deux mois. Pour le mener à bien, Damien Guillou va pouvoir compter sur les membres du Team PRB avec lesquels il a travaillé au sein du projet IMOCA, parmi eux Jean-Marc Failler, directeur technique et Antoine Nicodème, préparateur spécialisé en composite. La mise à l’eau est prévue début juillet. 

 

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Se retrouver seul à bord d’un bateau et faire le tour du monde durant près de 70 jours, l’idée a de quoi effrayer tout terrien habitué à la vie en société, mais pas Kevin Escoffier. Pourtant le skipper n’est pas coutumier des courses en solitaire, il les découvre seulement. Il n’aura à son actif en solitaire qu’un convoyage retour de la Transat Jacques Vabre, la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne et le Défi Azimut. Le Vendée Globe sera sa première longue expérience seul en compétition sur un IMOCA.

À 10 jours du départ du Vendée Globe qui, en raison des nouvelles mesures gouvernementales, sera donné à huis clos, Kevin Escoffier revient en détails sur sa préparation. Qu’il s’agisse du sport, de l’alimentation, ou bien encore de la météo, le skipper de PRB n’a rien laissé au hasard cette année et s’est entouré d’experts afin de s’élancer sur son premier tour du monde en solitaire dans les meilleures conditions possibles. Confiné avec sa compagne et ses deux enfants, chez lui à Lorient, Kevin continue d’ailleurs sa préparation. Chaque minute sera exploitée au mieux jusqu’au 8 novembre. 

"Je pensais avoir une montée de pression un peu plus importante en arrivant aux Sables et paradoxalement j'en ai presque eu plus en revenant à la porte de la maison."

 

Comme la tradition le veut chez PRB, c’est Michel Desjoyeaux, skipper sortant qui a proposé le nom de son successeur. Un certain Vincent Riou, qui n’était autre que son préparateur sur le tour du monde. Celui-ci se souvient, « Quand on m’a annoncé la nouvelle, j’étais comme un gamin, c’était un rêve qui s’accomplissait ! »

Présent aux Sables d’Olonne depuis jeudi dernier, Kevin Escoffier a enchaîné les journées à un rythme effréné. Entre rendez-vous médiatiques, rencontres avec les salariés de PRB, mais aussi préparation du bateau avec le team technique, le skipper n’a pas eu le temps de s’ennuyer ! C’est désormais confiné en Bretagne que Kevin s’apprête à passer ces deux prochaines semaines afin d’éviter toute contamination à la Covid-19.  

Ils ont partagé ensemble de nombreux quarts à bord de Dongfeng Race Team et sont devenus au fil du temps des amis, Marie Riou nous livre son regard sur Kevin.