Parti de Salvador de Bahia dimanche 17 novembre, Kevin a rallié Port-la-Forêt cette nuit après un peu plus de 2 semaines passées en mer. Seul aux commandes de l’IMOCA PRB sur cette transat retour, le Malouin a pu découvrir les rudiments de la navigation en solitaire, lui qui jusqu’ici n’avait navigué qu’en double à bord de PRB avec son co-skipper, Nicolas Lunven. Au-delà des nombreux enseignements tirés de cette première traversée de l’Atlantique en solo, ce convoyage permet également à Kevin de valider les 2000 milles comptant pour sa qualification au Vendée Globe. Un pas de plus vers ce tour du monde en solitaire.

Un apprentissage accéléré du solitaire

« Pour une première transat en solo, je suis assez content de la façon dont ça s’est passé ! » Si cela ne fait que quelques heures que Kevin a posé le pied à terre, le marin analyse avec satisfaction ces 17 jours passés en mer, seul à bord de PRB. Loin d’être une paisible traversée retour, ce convoyage aura été pour Kevin l’occasion de basculer véritablement dans le mode solitaire et d’en découvrir tous les aspects, humains comme techniques. Un apprentissage accéléré et grandeur nature durant lequel le Malouin n’a pas été épargné par les soucis, mais c’est aussi ce qu’il était venu chercher en ramenant seul son 60’. « J’ai eu pas mal de soucis à régler donc ça c’est plutôt bien. J’ai vécu ça un peu comme une initiation condensée des problèmes que l’on peut rencontrer en solo. J’ai dû monter au mât, j’ai eu des petits soucis de quille, de safrans également car le bateau a énormément navigué cette année. C’était le but de ce convoyage que de se retrouver confronter à tout ça sans avoir de pression de résultat. C’est toujours agaçant d’avoir des problèmes, mais lorsque l’on réussit à les surmonter, ce sont tous les enseignements tirés qu’il faut retenir » Et tout au long de ces 4 500 milles de convoyage retour ceux-ci ont été riches et variés « J’ai pu me rassurer sur le fait d’être capable de gérer seul les choses à bord, avec l’aide parfois de mon équipe à terre tout de même, mais forcément cela me donne plus de confiance en moi et dans bateau pour l’avenir. C’était nécessaire d’engranger cette confiance dès maintenant en vue de la saison 2020 et particulièrement du Vendée Globe. Et au-delà de ça, j’ai surtout pris énormément de plaisir à naviguer et c’est aussi très important ! »

 

Place au chantier d’hiver

Alors que l’IMOCA PRB est de nouveau amarré au ponton de Port-la-Forêt et que Kevin s’octroie un repos bien mérité, c’est désormais l’équipe technique qui s’affaire. Car tout juste rentré, le monocoque orange et noir va être sorti de l’eau dès demain afin de débuter le long chantier d’hiver. Près de 4 mois durant lesquels d’importantes évolutions vont être effectuées : « J’ai énormément appris techniquement sur le bateau durant cette transat retour. Ça m’a permis de voir ce que je voulais modifier pour pouvoir adapter le plan de pont à ma façon de naviguer. Maintenant il faut se concentrer sur les 4 mois de chantier pour avoir dès le mois de mars un bateau qui soit quasiment prêt à prendre le départ du Vendée Globe. » Renforcement de la structure, changements de pièces d’accastillage, nouveau plan de voilures, la « job list » du Team PRB est conséquente mais nécessaire en vue de disposer d’un bateau fin prêt à s’élancer sur la saison sportive 2020 et les 3 courses majeures parmi lesquelles le tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance.