Enfin… Vincent Riou et ses concurrents de la route sud respirent un peu. Après les trois premiers jours de course d’une intensité extrême, le vent s’est enfin calmé. Les conditions sont beaucoup plus maniables même si la mer reste forte encore pour quelques heures.

« Ca faisait un moment que je n’avais pas rencontré de telles conditions ! » résume Vincent Riou en ce milieu d’après-midi. Le skipper de PRB profite de cette zone de transition. Il a pu se reposer et manger pour attaquer la suite de la course sereinement. Si la flotte IMOCA a connu beaucoup d’avaries, PRB sort du coup de vent à 100% de son potentiel. Il faut dire que Vincent a fait le choix de protéger son bateau. Hier, il a navigué plusieurs heures trois ris dans la grand-voile. « Je crois que ça ne m’est jamais arrivé de naviguer si longtemps avec si peu de toile ! Mais avec les foils, dès que j’essayais de porter plus de toile, le bateau accélérait trop… Si je mettais plus que ma grand-voile à 3 ris, le bateau partait à 25 nœuds et j’avais peur de tout péter. Ce n’était pas simple. Et puis l’état de la mer ! Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas embarqué dans un truc comme ça » raconte le Breton. Il a donc pris son mal en patience quitte à laisser s’échapper un peu Paul Meilhat, plus à l’aise dans ces conditions avec ses dérives droites. Ce n’est qu’au petit matin que Vincent a pu enchainer les manœuvres pour changer les voiles. « Le vent a sérieusement molli depuis ce matin mais la mer est encore forte. Il doit bien rester 4 mètres de houle à trainer donc les manœuvres sont un peu sport ! Sinon le ciel est bleu et je viens d’enlever mes bottes et mon bas de ciré pour la 1re fois depuis le départ » raconte-t-il.

L’objectif de Vincent est de poursuivre sa route dans le sud à bonne allure afin de réussir à se glisser sous l’anticyclone qui barre la route de la flotte. Evidemment, il garde un œil attentif sur le leader, Alex Thomson, qui redescend vers les tenants de la route sud après avoir progressé en solo sur une route nord depuis la sortie de la Manche. Le Britannique évolue toujours dans des conditions de vent et de mer fortes et converge vers ses adversaires au risque de se rapprocher très près du centre de l’anticylone qui s’étale devant les IMOCA.

 « L’avenir est un peu moins rose que ce qu’il était quand j’ai fait le choix de venir ici mais de toute façon, je pense que je n’aurais pas pris le risque d’aller là où est Alex. Il n’y a pas de regret. Au final, le truc c’est que lui, je pense qu’il a pris moins que ce qu’il devait prendre et que nous, on a pris un peu plus que ce qu’on aurait dû prendre au démarrage. Mais bon c’est la vie, la météo ce n’est pas précis au mille près. En plus, on a été bien retardés dans le Golfe par la petite dépression qui s’est élargie et qui nous a tous rattrapés. Maintenant,  il faut encore attendre quelques jours et on fera les comptes plus tard. Pour le moment, tout est possible » résume Vincent.

Les heures qui s’annoncent vont être importantes et promettent la délivrance… Ces allures de portant qui vont permettre à Vincent d’exploiter tout le potentiel de son foiler. Demain, en milieu de journée, PRB devrait être dans le sud de l’anticyclone.

Ecoutez la vacation ici

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CLASSEMENT A 17H45

  • Alex Thomson – Hugo Boss : 2 634,4 nm (distance au but)
  • Paul Meilhat – SMA : 83 nm (distance au 1er)
  • Vincent Riou – PRB : 112,1 nm
  • Yann Eliès – UCAR StMichel : 142,7 nm
  • Boris Herrmann – Malizia 2 Yacht Club de Monaco : 157,9 nm