• PRB est équipé de foils nouvelle génération depuis le mois de juillet
  • Vincent Riou explique les changements que cela induit
  • Le skipper de PRB prendra le départ de sa 4e Route du Rhum-Destination Guadeloupe le 4 novembre

Lors du dernier Vendée Globe, les foils n’étaient pas efficaces à toutes les allures. Ce problème est-il résolu ?

Vincent Riou : « les choses ont pas mal changé depuis 2016 et notamment la règle IMOCA qui nous permet de concevoir et construire nos bateaux. Cette règle a évolué et autorise aujourd’hui à régler les foils. Cela nous permet d’augmenter ou de diminuer la puissance de l’extrémité du foil, le petit aileron qui remonte vers le haut.

Il n’y a que deux paires de foils dans la flotte qui ont été dessinées autour de cette règle : ceux de Charal et ceux de PRB.

Est-ce qu’il y a un réel gain de vitesse grâce aux foils ?

« Ces appendices nous permettent d’aller plus vite que les bateaux « conventionnels » à dérives à peu près 90% du temps. Lors du dernier Vendée Globe, les foils permettaient d’aller plus vite entre 50 et 60% du temps même s’il était difficile de définir la barrière car cela dépendait du type de foils.

La modification majeure de la règle IMOCA fait que le foil est maintenant incontournable pour faire un bateau performant. Il est vrai que dans certaines conditions, les bateaux à dérive peuvent aller plus vite que nous mais sur des allures tellement restreintes qu’aujourd’hui, si l’on veut avoir une vraie chance d’emporter une course en IMOCA, il faut avoir des foils sur son bateau. »

Est-ce que PRB a ses chances face aux foilers nouvelle génération ?

« Aujourd’hui, PRB est un des bateaux les plus performants de la flotte. Il est polyvalent, il a montré de très belles performances. A l’instant T qui est le départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, je pense que l’on est vraiment très bien armé pour réussir ce projet. »

Pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, l’installation des foils a-t-elle une répercussion sur le choix de la route par rapport aux éditions précédentes ?

« Oui, cela peut clairement faire des routes très différentes. Nous avons beaucoup travaillé entre le moment où nous avons mis le bateau à l’eau et où nous sommes arrivés ici à Saint-Malo pour cartographier les nouvelles performances du bateau. Cela nous a permis de faire une polaire de vitesse du bateau qui va ensuite nous servir pour les simulations de routage avec les prévisions météo que l’on aura à ce moment-là. Nous confrontons régulièrement les anciennes performances de PRB aux nouvelles et l’on voit de temps en temps des routes très différentes sortir. »

Est-ce que le bateau est plus bruyant avec les foils ?

« Non, pas vraiment. Les chocs du bateau dans la mer sont plus nombreux et plus saccadés mais sont bien moins violents qu’avant. Le foil joue un peu un rôle d’amortisseur mais il permet aussi des vitesses plus importantes donc on découvre de nouveaux comportements. Mais la gestion du bruit reste la même : à partir du moment où la « machine infernale » comme je l’appelle, se met en route, c’est hyper bruyant et une des difficultés est de gérer ce bruit. J’utilise pour cela des bouchons d’oreilles et un casque anti-bruit, parfois empilés ! »

Concernant les OFNI, y a-t-il de nouveaux moyens et des techniques plus évoluées pour les détecter ?

« Il y a des nouveaux moyens en développement qui ne sont pas encore fiabilisés. A bord de PRB, nous avons un système en développement. C’est encore confidentiel mais je peux dire que les choses sont en train de bouger et j’espère que dans deux ans, pour le prochain Vendée Globe, nous serons capables d’offrir à l’ensemble de la flotte des moyens de limiter le risque de collision avec des OFNI.

Ce système est en test sur quatre bateaux de course au large et je pense qu’il sera en test uniquement sur PRB pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. »