C’est à 23h25’42’’ hier soir que PRB a basculé dans l’hémisphère sud. Il est le troisième bateau à avoir franchi l’équateur, seulement 3 heures et 22 minutes après Alex Thomson et quelques 28 minutes dans le sillage d’Armel Le Cleac’h.

Les trois leaders contournent l’anticyclone de Sainte-Hélène et évoluent maintenant au large de la corne brésilienne. PRB est au reaching sous J2 (foc de 85 m²) et grand-voile haute. L’alizé de sud est souffle pour 16 à 18 nœuds. Vincent Riou profite de ces conditions de vent medium pour rester au contact des deux leaders car il sait que si le vent forcit, les foilers risquent de pouvoir allonger la foulée plus facilement que son monocoque équipé de dérives droites.  « Les conditions ont quand même été plutôt rudes pour moi parce qu’on a eu un hémisphère nord avec des vitesses élevées. Or, on sait que les foils marchent quand les bateaux vont vite. Et puis là, on s’est fait une sortie de pot au noir sans faire de près, ce qui n’est pas non plus à mon avantage. La chance que j’ai, c’est que le vent ne forcit pas trop. Donc le différentiel n’est pas trop important mais il existe » expliquait-il à la vacation ce matin.

Depuis le départ des Sables d’Olonne, Vincent force l’admiration de beaucoup d’observateurs, même les plus aguerris. Il mène de mains de maitre son bateau qu’il connait par cœur, il n’a concédé aucune erreur stratégique dans sa descente de l’Atlantique Nord et a fait jeu égal avec les foilers à différents angles de vent. Ce facteur combiné lui permet de venir jouer les troubles fêtes parmi les bateaux de dernière génération qui n’ont pas réussi, pour l’instant à se mettre à l’abri des attaques du monocoque orange.

Mais la suite s’annonce importante… L’enjeu pour PRB va être de rester dans le rythme et d’accrocher le même front dépressionnaire qu’Hugo Boss et Banque Populaire  à la latitude de Rio de Janeiro. Cet ascenseur vers le Cap de Bonne Espérance pourra être indispensable pour poursuivre la course dans le groupe de tête et surtout distancer les poursuivants qui devront probablement attendre l’ascenseur suivant. A partir de Safran, 6ème, les écarts commencent en effet à être importants puisque supérieurs à 143 milles. Il est donc peu probable que ces solitaires arrivent à attraper le même système que les leaders. « On attend avec impatience que la météo se décante pour le sud de l’Atlantique sud, savoir si le garde barrière fera son travail ou s’il va falloir mettre du charbon pour rester au contact. Il y a deux versions pas très différentes selon les modèles. Mais ce qui est sûr, c’est que c’est rapide. On n’aura jamais descendu l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud aussi vite que ce que nous allons faire là ». Grisant.

Interview de Vincent Riou ce matin :

«Le pot au noir c’est très bien passé. La sortie encore plus car on sort normalement au près serré et on a eu du vent très adonnant tout de suite ce qui nous a permis de faire route au sud. Ça n’a pas été douloureux du tout. Ça nous a permis de gagner du temps. Nous sommes dans des conditions medium, nous avons entre 15 et 17 nœuds de vent et on est sous J2 et grand voile haute.
Les conditions ont quand même été plutôt rudes pour moi parce qu’on a eu un hémisphère nord avec des vitesses élevées. Or, on sait que les foils marchent quand les bateaux vont vite. Et puis là, on s’est fait une sortie de pot au noir sans faire de près, ce qui n’est pas non plus à mon avantage. La chance que j’ai, c’est que le vent ne forcit pas trop. Donc le différentiel n’est pas trop important mais il existe. On attend avec impatience que la météo se décante pour le sud de l’Atlantique, savoir si le garde barrière fera son travail ou s’il va falloir mettre du charbon pour rester au contact. Il y a deux versions pas très différentes selon les modèles. Mais ce qui est sûr, c’est que c’est rapide. On n’aura jamais descendu l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud aussi vite que ce que nous allons faire là. »

Classement à 15h
1-     Hugo Boss (Alex Thomson)
2-     Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac’h) à 58,4 milles
3-     PRB (Vincent Riou) à 69,8 milles
4-     Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) à 79,4 milles
5-     SMA (Paul Meilhat) à 99,3 milles
...

Retrouvez l’intégralité du classement sur http://vendeeglobe.prb.fr/