La météo du départ joue aussi son rôle. Les conditions qui s’annoncent demain à 13h sont relativement clémentes (10 à 12 nœuds de Nord-Ouest). Mais rapidement, PRB et ses adversaires allongeront la foulée pour traverser le Golfe de Gascogne et gagner le Cap Finisterre qui s’annonce comme un premier objectif important pour l’entame ce tour du monde. Explications de Vincent Riou.

Peux-tu nous faire un point sur les conditions météo du départ et des premiers jours de course ?
« Les conditions sont un peu les mêmes qu’il y a deux jours. On va avoir du vent de Nord-Ouest au départ avec une petite traîne dans le Golfe de Gascogne. Il n’y aura pas beaucoup de vent (10 – 12 nœuds) sur la zone de départ par contre ça va rentrer assez rapidement quand on va s’écarter à 20 – 30 milles des côtes. »

Avec ces conditions, le départ s’annonce-t-il plus serein ? 

« Il va y avoir beaucoup de bateaux sur la ligne de départ. Tout le monde va vouloir partir au vent pour partir dégagé donc ça va être le même problème que d’habitude. Il va falloir gérer la crise en espérant qu’il n’y en ait pas quelques-uns qui jouent trop avec le feu. Il va falloir faire très attention à cela. »

Après la phase de départ, à quoi devez-vous vous attendre ?
« Ça va rapidement partir au vent de travers sur le Cap Finisterre et on va passer à l’intérieur du DST (Zone de séparation du trafic, interdite à la navigation). A ce moment-là, on commencera à voir la position de l’anticyclone des Açores qui va déterminer notre trajectoire sur la descente de l’Atlantique. On sera fixés une fois là-bas mais, ce qui est certain, c’est que l’un ou l’autre des systèmes nous font descendre rapidement. Le seul hic, c’est que si l’anticyclone s’affaisse un peu trop sur la péninsule ibérique, il se pourrait que ce soit favorable aux bateaux de tête au Cap Finisterre. C’est fort probable. Les bateaux qui arriveront devant au Cap Finisterre seront « de plus en plus riches » au moins pour les 48 heures qui suivent. »

Est-ce que cela signifie que votre trajectoire lors de la descente va être proche des côtes ?
« Non pas forcément. En fait cela dépendra d’où est passé l’anticyclone quand on arrive au Cap Finisterre mais c’est possible de se faire rattraper par la dorsale et ceux qui auront un peu de retard peuvent se retrouver à avoir moins de vent que les bateaux de devant. »

Dans ces conditions plus favorables aux foilers, quel sera l’enjeu pour PRB ?   
« Pour moi, il va falloir si possible rester dans le match mais quand on regarde les angles et les vitesses, ça semble très compliqué. Il y a forcément 10 à 30 milles qui vont séparer les foilers des bateaux à dérives. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’ils auront dormi toute la nuit (rires). Maintenant ce que nous ne savons pas c’est si, ces 10 ou 30 milles d’écart vont se tasser petit à petit en descendant ou si, au contraire, l’écart va s’accentuer au bout de trois jours car les foilers seront partis devant la dorsale. C’est un peu le mystère d’aujourd’hui. »