Si parmi les 29 marins engagés, certains skippers ont fait le choix de construire un nouveau bateau et de les équiper de foils, Vincent a choisi d’embarquer à bord du monocoque orange et noir construit pour le tour du monde 2012 / 2013. Coup de projecteur sur ce destrier des mers qui a connu de grosses modifications et qui est largement éprouvé. Un bateau qui n’a plus aucun secret pour son skipper.


Les points forts de PRB
Peu convaincu par les évolutions que promettait la nouvelle jauge Imoca et les extrapolations des architectes - on parle là des foils -, Vincent a préféré miser sur son ancien bateau. PRB a été construit dans les moules de l’ancien Safran (aujourd’hui Groupe Quéguiner - Leucémie Espoir). Il est un des bateaux les plus étroits de la flotte. Le concept architectural favorise la vélocité plus que la puissance. En six ans, Vincent Riou et ses designers maison ont fait évoluer ce bateau et, s’il n’est pas le plus rapide aux allures de portant, il est rapide dans toutes les situations. C’est un bateau polyvalent qui correspond à la façon de naviguer de son skipper, plus porté sur la glisse que sur la puissance.


Les bateaux référents
Pour Vincent Riou, Banque-Populaire et Edmond-de-Rothschild ont un coup d’avance : plus aboutis, mieux préparés par des équipes techniques imposantes, ils font logiquement figure de favoris. "Gitana a regardé la problématique de manière objective et a vite compris que, pour que ça marche, il fallait placer le centre de gravité le plus bas possible, et opter pour un bateau polyvalent" explique Vincent.


Les différences entre les trois générations de bateaux qui constituent la flotte
Chacun a ses atouts, avec des points forts différents, mais au final, aucune des deux dernières versions n’est disqualifiée. Les foilers ont un avantage sur les allures de portant, mais les dernières transats ont permis de constater que ces bateaux sont terriblement exigeants physiquement et nerveusement. Et, sur trois mois, la santé du skipper aura un impact indéniable sur les performances. Ça sera bien sûr plus complexe pour la génération 2008, mais les skippers écriront une histoire plutôt tournée vers l’aventure - et il y aura des places d’honneur à aller chercher. Pour Vincent, le Vendée Globe et les machines qui vont y prendre part cette année sont tellement complexes, qu’il est difficile d’établir des pronostics. "Il va se passer beaucoup de choses, en bien comme en mal, il est impossible d’écrire le scénario par avance. Chaque Vendée Globe a accouché d’un très beau vainqueur, et cette édition sera encore plus difficile à remporter". Et de conclure : Si c’était couru d’avance, je ne partirais même pas » !