C’est à partir de 8h15 demain, que débutera la valse des départs pontons du bassin Paul Vatine. Un moment que les 59 duos engagés sur cette 14è édition de la Transat Jacques Vabre attendent, partagés entre impatience et concentration. Alors qu’ont eu lieu aujourd’hui les derniers préparatifs et les ultimes briefings skippers et météo, Nicolas Lunven, co-skipper de l’IMOCA PRB nous livre son analyse sur le schéma météorologique du départ et des jours à venir.   

 C’est à partir de 8h15 demain, que débutera la valse des départs pontons du bassin Paul Vatine. Un moment que les 59 duos engagés sur cette 14è édition de la Transat Jacques Vabre attendent, partagés entre impatience et concentration. Alors qu’ont eu lieu aujourd’hui les derniers préparatifs et les ultimes briefings skippers et météo, Nicolas Lunven, co-skipper de l’IMOCA PRB nous livre son analyse sur le schéma météorologique du départ et des jours à venir.  

 

De belles conditions pour le départ 

10 à 15 nœuds Nord-Est, temps clair. Les conditions météo du départ de cette 14è édition de la Route du Café qui sera donné demain à 13h15, s’annoncent belles. Pour les 59 duos de concurrents engagés, mais aussi pour le public qui viendra certainement en nombre admirer le spectacle en mer comme à terre. « Un front doit arriver dans la soirée et cette nuit. Il va nous amener du vent de secteur Nord-Est que nous aurons demain sur la zone du Havre. De la ligne de départ jusqu’à la bouée spectacle à Etretat, ce sera du louvoyage donc c’est sympa. Après nous serons au portant pour sortir de la Manche. Il y aura une quinzaine de nœuds au départ puis le vent va petit à petit se renforcer pour être plutôt à 25 nœuds en sortie de Manche durant la nuit de dimanche à lundi. » nous explique Nicolas Lunven. Une entame de parcours limpide qui devrait aller vite et satisfaire l’ensemble de la flotte. Mais c’est après que les choses se compliquent…

 

Une situation exceptionnelle

Nicolas Lunven l’évoquait il y a quelques jours, la situation météo actuelle sur l’Atlantique n’est pas classique et pour cause. Alors qu’habituellement les dépressions arrivent par les Etats-Unis et viennent finir leur route sur l’Europe, en ce moment il en est tout autre. « Il y a une énorme dépression stationnaire qui s’installe sur l’Atlantique et je dois dire qu’elle ne nous arrange pas beaucoup… Elle se situe à l’Ouest des Açores et génère du vent de Sud-Ouest alors qu’à l’accoutumée on se faufile sous l’anticyclone des Açores pour retrouver du portant dans les alizés. C’est un peu déroutant et les modèles ne nous aident pas vraiment car ils ne sont pas d’accords entre eux. C’est le bazar quoi ! » Mais face à une telle situation quels choix s’offrent aux marins ? « Nous avons 3 routes possibles pour franchir cette dépression. Une première extrême Nord qui nous ferait partir vers le Fastnet pour contourner tout le système dépressionnaire au portant dans du vent très fort et de la grosse mer. Elle nous obligerait à faire beaucoup de route dans des conditions très musclées qui font courir de nombreux risques et notamment pour le bateau. Cette route demande un investissement très important qui peut coûter très cher s’il ne s’avérait pas payant... La route opposée, elle, nous ferait longer les côtes du Portugal pour aller se faufiler sous le petit anticyclone de Gibraltar et des Canaries. Les conditions seraient plus clémentes, mais il n’apparait pas simple de traverser cet anticyclone, d’autant plus qu’à cet endroit il faut slalomer entre les îles. Enfin la troisième route, celle du compromis. Elle nous emmènerait un peu chercher la dépression des Açores mais pas en totalité. Elle serait certes un peu plus longue que la deuxième, mais sans réelle prise de risques. » décrit Nicolas qui précise également qu’à l’heure actuelle il est impossible de choisir. « Je suis focalisé sur le choix de route car il faudra le faire dès Ouessant voire même dès le départ s’il s’agit de l’option Nord. Pour les 2 autres, nous avons un peu plus de temps, jusqu’à lundi ou mardi. »

Cette 14è édition de la Transat Jacques Vabre, exceptionnelle par son plateau constitué de 29 IMOCA s’annonce d’ores et déjà palpitante à suivre et ce dès les premiers milles !