« J’ai eu écho des messages de soutien que PRB, moi-même et ma famille ont pu recevoir, ça me fait vraiment très plaisir ! Merci à tous les gens de PRB, à ceux aussi qui ne le sont pas, mais je pense particulièrement à vous aujourd’hui évidemment. »

Dans une vidéo envoyée ce matin, Kevin Escoffier a pris le temps de remercier toutes les personnes qui lui ont témoigné leur soutien depuis sa terrible avarie survenue lundi après-midi et son sauvetage réalisé quelques heures plus tard par Jean Le Cam. Si le sourire est bien présent, l’émotion est encore palpable pour le Malouin qui a une pensée particulière pour PRB et l’ensemble de ses salariés avec qui il a pris énormément de plaisir à partager cette aventure débutée il y a presque deux ans lorsqu’il a été choisi pour prendre la barre du monocoque vendéen.

L’histoire entre Jean Le Cam et PRB est désormais intimement liée au Vendée Globe et absolument unique. En 2004, Jean et Vincent Riou, alors skipper de l’époque, s’était livrés un mano a mano d’anthologie dans la remontée de l’Atlantique à l’avantage de Vincent qui remporte cette édition. Jean, grand favori cette année-là, avait alors pris la deuxième place en franchissant la ligne devant Les Sables d’Olonne un peu moins de sept heures seulement après le skipper de PRB. Vincent est non seulement auréolé de son statut de vainqueur mais il gagne alors dans ce Vendée Globe, le surnom de Vincent Le Terrible. C’est désormais ainsi que le nomme le Roi Jean !

Quatre ans plus tard, les deux solitaires s’alignent de nouveau au départ de la course et vont marquer une nouvelle fois l’épreuve à jamais. Au large du Chili, Jean Le Cam navigue en 3e position. Mais subitement, il perd la quille de son bateau et chavire alors qu’il est en ligne avec Vincent Riou ! Il est à 200 milles à l’ouest du Cap Horn. Vincent, 4e au moment des faits, est alors dérouté par la direction de course. Sans nouvelle de son ami, Vincent arrive sur zone avec Armel Le Cleac’h, lui aussi dérouté. L’anxiété est à son comble quand enfin Jean donne signe de vie en faisant sortir un petit drapeau par un passe-coque pour prévenir Vincent qu’il est bien à bord de son bateau retourné. Le sauvetage dans ces contrées hostiles sera compliqué et Vincent démâtera quelques heures après avoir récupéré Jean. Son PRB a été abîmé dans l’opération. Qu’importe l’essentiel est là, Jean est à bord, le Roi Jean est sauvé.

Forcément, l’histoire devient incroyable quand c’est Jean qui cette fois, sauve Kevin Escoffier nouveau skipper de PRB il y a presque 72 heures…Un sauvetage sous très haute tension et durant lequel chacun a retenu son souffle. L’histoire est unique donc entre Jean Le Cam et PRB mais elle est aussi le reflet de ce qu’est le Vendée Globe, une épreuve hors norme où l’humain compte bien plus que tout.

« Ce qui s’est passé avec Kevin et Jean Le Cam est exceptionnel ! Jamais nous n’oublierons les heures d’attente pour retrouver notre skipper. Savoir que Jean était à la manœuvre avec également les skippers Boris Hermann, Yannick Bestaven et Sébastien Simon, nous rassurait même si pendant un long moment, nous n’avions que peu de raisons d’être rassurés… Jean a une expérience inégalée et un sens marin exceptionnel. Et nous savions Kevin courageux ! C’est aussi une vraie force de la nature. Nous avions confiance. Pour nous, il était évidemment impossible de penser que l’histoire se finisse différemment. Mais il a fallu beaucoup d’abnégation de la part de toutes les parties engagées dans ce sauvetage, y compris de la direction de course. Quand on fait le Vendée Globe, on sait que ces situations peuvent arriver mais finalement, même avec l’expérience, nous n’y sommes jamais préparés. Kevin a fait un début de course fabuleux. Il a fait rêver l’ensemble des collaborateurs de PRB. Nous sommes tous heureux du dénouement et très fiers de ce qu’il a accompli. Quant à Jean, nous n’aurons jamais assez de mots pour lui témoigner notre gratitude. Il fait définitivement partie de la famille PRB ! Je suis très heureux aussi de voir que l’ensemble des salariés de PRB a soutenu Kevin dans cette lourde épreuve. Nous avons reçu énormément de messages pour Kevin et les quatre skippers qui sont allés le secourir. Des grands ouf de soulagement aussi dans les usines et les couloirs de PRB dès mardi matin. Kevin a gagné le cœur des salariés de PRB ! » explique Jean-Jacques Laurent, Président de PRB.

A bord de Yes We Cam! les deux skippers poursuivent leur route à belle allure en bordure d’anticyclone pour rester dans des conditions maniables, car comme le dit le Roi Jean « du dur, on commence à en avoir eu un paquet ! ».

La direction de course menée par Jacques Caraës travaille actuellement pour trouver des solutions pour débarquer Kevin dans ce désert maritime. Une opportunité se présente pour qu’une frégate de la Marine Nationale, le Nivôse, qui assure la surveillance des pêches dans cette zone puisse récupérer Kevin. Le bateau a quitté les Kerguelen hier et monte sur la trajectoire de Yes we Cam! Si les conditions le permettent, un débarquement de Kevin pourrait être envisagé dans les Terres australes et Antarctiques Françaises, entre les îles Crozet et les îles Kerguelen, dans le sud de l’Océan Indien.