A l’approche des 40èmes (PRB évolue encore par 39° Sud), les marins deviennent plus contemplatifs. Le leader Charlie Dalin décrivait une nuit magnifique avec des oiseaux virevoltant autour de son APIVIA. Kevin Escoffier qui évolue 417 milles dans son tableau arrière sur une route plus septentrionale raconte aussi ce matin des conditions de navigations exceptionnelles cette nuit. PRB a glissé à vive allure poussé par un vent portant de nord ouest et éclairé par une lune claire dans un ciel dénué de tout nuage.

 

Le skipper de PRB entre dans des contrées plus hostiles et même s’il est avant tout concentré sur la compétition, il n’en oublie pas de savourer ces heures magiques durant lesquelles il ne fait qu’un avec son bateau. Cette nuit a en effet permis à Kevin d’exploiter tout le potentiel de son PRB. Lancé à pleine vitesse, il a réussi à reprendre la quatrième place à Yannick Bestaven (Maitre Coq). La journée se passera aux réglages pour continuer à profiter pleinement de ces conditions qui permettent à PRB et ses adversaires de gagner vers Bonne Espérance.

Les routes du groupe des poursuivants convergent et on ne va pas tarder à savoir si le décalage au sud de Louis Burton et de Samantha Davies a été une option gagnante. Il semblerait que les écarts au passage du premier grand cap de ce tour du monde ne soient pas très significatifs. Mais ce regroupement de la flotte qui va être opéré dans le week end sonnera presque comme un nouveau départ à l’heure de débuter ce mois de course dans l’océan austral. La transition va être brutale pour les skippers qui sentent déjà les effets de l’arrivée dans le Sud. Le vent a pris du coffre, les températures chutent… Kevin a même sorti un bonnet cette nuit alors qu’il naviguait il y a quelques jours encore torse nu !

Ces conditions montrent que les marins sont en train de quitter leur terrain de jeu habituel (l’Atlantique) pour entamer une longue traversée dans des zones moins connues où la navigation se fait rare. « Le Vendée Globe, c’est avant tout ce mois autour de l’océan antarctique où peu de gens naviguent et où les conditions sont particulièrement rudes » résume Vincent Riou, ancien skipper de PRB et observateur attentif de la course de Kevin qu’il juge très réussie depuis le départ des Sables.

Le skipper du monocoque vendéen a l’avantage de connaître déjà ces océans qu’il a parcourus lors de son trophée Jules Verne mais aussi lors de ses Volvo Ocean Race. Il était important pour lui d’y arriver avec un bateau intact et c’est le cas (Alex Thomson a quant à lui annoncé hier une avarie de safran et Thomas Ruyant a dû coupé son foil abimé). Il sera temps une fois dans l’océan indien de repositionner le curseur pour tenter de reprendre du terrain sur le leader Dalin et d’adapter sa route en fonction notamment de la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) qui vient d’être remontée par l’organisation au niveau de l’archipel de Crozet après la détection de glaces. 

 

KEVIN JOINT CE MATIN :  

«J’ai passé une nuit au portant VMG avec un peu plus d’air. A mon avis, nous sommes toujours sous l’effet de l’anticyclone. Le vent est un peu plus instable encore. J’ai changé de voile juste avant la nuit car normalement sous l’influence du front, on devait avoir un peu plus de vent. L’avantage, c’est que la mer était plate donc ça pouvait glisser assez rapidement sans forcer sur le bateau donc j’en ai profité un peu. Cette nuit, c’était magnifique. Un grand ciel clair, pas un nuage, la lune qui nous éclairait comme en plein jour. Ça glissait avec le bateau parfois à 25 – 26 nœuds, c’était superbe ! J’ai sorti une polaire et un petit bonnet cette nuit. Ça s’est rafraichi. Mais ce matin, ça va. On sent que l’on va vers le froid. Je viens de prendre mon petit déjeuner en téléchargeant les fichiers et je vais faire mon point météo du matin. Il n’y a pas grand-chose à faire à par aller vite au portant ».