Alors que Kevin Escoffier poursuit sa course à la 5e place à 285 milles du leader Thomas Ruyant, les skippers du Vendée Globe ont découvert ce matin qu’Alex Thomson rencontrait des problèmes de structures à l’avant de son Hugo Boss. Le Britannique est quasiment arrêté pour l’instant et échange avec son équipe à terre et les architectes qui ont dessiné son monocoque. Il tente de trouver les solutions pour réparer. Thomas Ruyant a lui aussi dû ralentir un peu alors qu’il a fait face à des conditions instables cette nuit dans le front dépressionnaire. Une drisse qui maintient ses voiles d’avant en tête de mât s’est rompue et le skipper de LinkedOut a dû se lancer dans une ascension vertigineuse en pleine mer. 

 

A bord de PRB, tout va bien. Kevin a perdu quelques degrés depuis hier et cela le met plus à l’aise. « Il faisait trop chaud pour moi, l’homme de Bretagne nord » s’amusait ce matin le skipper de PRB. Ce dimanche va être consacré à la vitesse à bord du monocoque vendéen. Les leaders sont en effet engagés dans le front froid qui scinde pour l’instant l’anticyclone de Sainte-Hélène en deux et qui leur permet de faire une route plus directe. Les heures à venir s’annoncent toniques pour eux qui vont enchainer les manœuvres pour « tricoter » dans cette zone perturbée et se positionner au mieux sur la bordure du front. Une quinzaine d’empannages sont à effectuer en 72 heures !

Pour Kevin, la porte de ce petit couloir est encore ouverte mais pour combien de temps ? « Ça dépend des fichiers… ça ne se joue à pas grand-chose » analyse Kevin en ce milieu de journée. L’enjeu est donc de cravacher pour réussir à se glisser lui aussi dans ce trou de souris… Si toutefois, il n’arrivait pas à temps pour bénéficier de ces conditions, la sanction ne sera peut-être pas aussi dure qu’imaginée hier. Contourner l’anticyclone par son ouest puis par son sud ne rallonge finalement pas tant la route car la bulle s’étend moins que prévu. Une bonne nouvelle pour le skipper de PRB qui aimerait bien désormais gagner un peu sur la tête de flotte tout en mettant un peu de distance avec ses poursuivants. 

 

Kevin à la vacation ce midi : 

« Tout va bien, j’ai un grand soleil avec 13 nœuds de vent. Ça glisse plutôt pas mal. La situation météo va évoluer. Le plus important est d’aller vite. La première semaine, j’ai eu du mal à dormir mais j’ai vu que c’était le cas pour tous. Là, ça va, j’ai mon rythme. Je dors bien, j’ai pris soin de moi. J’ai pu réparer des petites bricoles et je vais profiter de la molle à venir pour pouvoir refaire un tour complet du bateau. 

J’ai plutôt tendance à regarder devant. Je fais ma course depuis le début et j’essaye de ne pas trop tirer sur le bateau. Il vaut mieux être vigilant notamment sur la structure car PRB date de 2009. C’est pour cette raison que j’ai fait le choix de m’éloigner de la dépression tropicale. Je continuerai à naviguer comme ça. Et si des opportunités pour revenir se présentent, je saurai les saisir. Tout comme, les opportunités pour distancer ceux de derrière. 

Alex Thomson fait une très belle course, ce serait dommage que ça s’arrête aussi tôt pour lui. Il a la bonne période pour pouvoir réparer. »

 

Vincent Riou à la vacation ce midi : 

Vincent Riou, ancien skipper de PRB et présent lors de l’émission du Vendée Globe ce midi a salué la course de Kevin : « Je suis très fier de ce que fait Kevin. Il navigue de manière réfléchie, il est bien dans le contrôle. Il fait une très belle course depuis le début. Il amène PRB à une jolie place aujourd’hui. Surtout, il aime être entre en mer et c’est un atout majeur pour lui pour ce Vendée Globe. »