Ce matin à bord de PRB, les décibels ont pris du coffre. Lancé bâbord amure à bonne vitesse le long des côtes brésiliennes, Kevin Escoffier ne quitte plus ses bouchons d’oreilles depuis 48 heures. Le vacarme est infernal à bord du monocoque orange, les mots du skipper sont parfois difficiles à attraper lors des échanges quotidiens avec son équipe à terre mais laissent percer la bonne humeur du Malouin même si l’enjeu des prochaines heures est éminemment stratégique. 

 

« La descente de l’Atlantique, ça n’a pas été simple pour moi. J’avais l’impression de ne pas être toujours en phase avec le vent, de ne pas toujours faire les bons choix de voiles. Mais là, je prends beaucoup de plaisir. Cette nuit, c’était vraiment sympa. Je comprends la situation météo. Ça ne va pas être simple mais c’est passionnant » raconte le skipper de PRB ce matin.

L’anticyclone de Sainte-Hélène occupe en effet tous les esprits des solitaires depuis déjà 48 heures. Kevin, dans le groupe des poursuivants, fait tourner les routages à chaque nouveau fichier météo. Des projections qui évoluent sans cesse depuis hier. Si le trio de tête est désormais assuré de pouvoir se faufiler dans le couloir de vent sous l’anticyclone de Sainte-Hélène avec l’influence d’une dépression au large de l’Amérique Latine, les poursuivants pourraient quant à eux d’arriver trop tard pour monter dans ce train. La zone de hautes pressions scindée en deux pour l’instant pourrait se reformer en un seul bloc après le passage des leaders, PRB et ses adversaires n’auront alors d’autre choix que de faire « le grand tour par le sud » comme l’explique Kevin.
Le solitaire, positionné à 300 milles du tableau arrière du nouveau leader Thomas Ruyant, ne tire pour l’heure aucune décision définitive. S’il sait que l’occasion est bonne pour les premiers d’augmenter leur avance, il reste attentif. « Les choses évoluent beaucoup dans cette zone. Il va falloir être opportuniste. On ne peut pas dire ce matin « ça va être comme ça ou comme ça »Disons que les prochaines 24 heures vont être déterminantes » annonce le skipper de PRB qui a volontairement tenu une position un peu plus près des côtes pour se laisser l’opportunité d’ajuster plus facilement sa route pour contourner l’anticyclone. Si une autre dépression se forme à l’approche des poursuivants alors la tendance pourrait s’inverser et permettre à PRB de profiter lui aussi du couloir de vent… Réponse dans la journée de demain.  

LE POINTAGE DE 12H00 : 

1 – Thomas Ruyant (LinkedOut)
2 - Alex Thomson (HUGO BOSS) : à 21,7 nm
3 - Charlie Dalin (APIVIA) : à 66,7 nm
4 - Jean Le Cam (Yes We Cam !) : à 281,7 nm
5 - Kevin Escoffier (PRB) : à 314 nm