Les supporters des Bleus réunis devant le grand écran ont fait vibrer le ponton du Vendée Globe de leurs cris de joie et lors de « Marseillaise » chantées à pleins poumons ! A quelques mètres de la foule, Philippe Péché, à l’intérieur de son bateau, s’est montré imperméable à cette liesse populaire. Non pas que le football lui déplaise, mais le solitaire est déjà dans sa bulle… Il a profité de cette dernière journée à terre pour vérifier une à une les listes de matériels embarqués. Un dernier coup d’œil pour essayer de s’assurer un sommeil tranquille pour cette dernière nuit à terre.

« Je suis déjà un peu dans ma course. C’est pour cela que je fais deux fois les vérifications. J’essaye de me projeter, d’imaginer ce qui va pouvoir me manquer dans trois jours ou dans une semaine. Les derniers moments, on a peur d’oublier quelque chose. On fouille un peu partout. Et ça est ce que je le prends ? On fait une dernière vérification pour être certain que tout soit bien à bord. On court un peu dans tous les sens. Je suis enfin prêt ! C’est la dernière ligne droite avant le lâcher » explique le skipper de PRB qui s’apprête à naviguer pendant neuf mois sans escale et sans assistance. Neuf mois qui signeront un chapitre exceptionnel de sa vie d’homme et de marin.

Peu habitué aux sollicitations d’avant-départ, Philippe a découvert cette semaine la vie d’un solitaire en partance pour un tour du monde. Préparation du bateau, rendez-vous avec les journalistes, rencontres avec les partenaires, moments de partage avec la famille et les amis… Un rythme qu’il n’avait pas soupçonné et qu’il ne sera pas mécontent de quitter demain même s’il sait que les dernières minutes avec les proches seront d’une rare intensité. Il pense d’ailleurs qu’il lui faudra un peu de temps pour rentrer dans la course. « Après le Cap Finisterre, je me dirai que le départ est passé et je prendrai le rythme de course adapté à ce grand parcours » anticipe-t-il.

Dès 8h demain matin, il foulera pour la dernière fois ce célèbre ponton du Vendée Globe. Puis, c’est seul à bord de son Rustler 36 qu’il quittera le quai aux alentours de 10h. Le départ demain devrait se disputer dans du vent faible. « Ça risque d’être pénible. Les bateaux sont hyper chargés. J’ai rajouté une tonne voire 1,2 tonne de matériel. On ne sera pas aussi vivace que d’habitude. Mais on se battra quand même dans le petit temps comme on a l’habitude de faire ! » prévient le compétiteur.

Jean-Jacques Laurent, Président de PRB, sera probablement l’un des derniers à accompagner et saluer Philippe au large des Sables d’Olonne. L’entrepreneur vendéen est heureux de permettre à la marque orange de prendre le départ de son 8e Tour du Monde ! Un tour du monde pas tout à fait comme les précédents…

« La seule chose commune avec nos autres tours du monde c’est que la formule reste la même. C’est un bateau et un homme, comme pour le Vendée Globe. La vraie différence, c’est que les bateaux font moins de 12 mètres. Ils n’ont pas d’électronique, pas de pilote automatique, pas de dessalinisateur. C’est fort ! On revient un peu au premier Vendée Globe dans le sens où on va vers l’inconnu. Il y a 50 ans sur la Golden Globe Race, un seul skipper a fini ! Ce n’est pas anodin, ce n’est pas donné à tout le monde. Aujourd’hui, on vit dans un monde de plus en plus fou, un monde numérisé. Il faut se donner de l’ouverture d’esprit. Revenir de temps en temps aux fondamentaux ne peut pas faire de mal. Elle est un peu folle cette course mais c’est ce qui fait les grands événements » conclut celui qui a offert aujourd’hui une ligne de pêche à son skipper et quelques bouteilles de vin.

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