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Quel match en tête des IMOCA ! Après 2 600 milles déjà parcourus, PRB et Banque Populaire se livrent un mano a mano exceptionnel en tête de The Transat. Presque huit jours que les deux solitaires enchainent les systèmes météo et gèrent les zones de transition. Epuisant et stimulant tout à la fois. Et c’est bien cela que Vincent Riou est venu chercher en s’engageant sur The Transat : de la confrontation au plus haut niveau dans des conditions météo difficiles.

Après presque 7 jours de course, Vincent Riou et Armel Le Cleac’h se livrent une bataille sans répit en tête de The Transat. Vincent s’accroche au tableau arrière de Banque Populaire dont il est distant ce lundi matin au classement de 8h de 42 milles. Les deux monocoques ont encore 1 300 milles à parcourir avant de pouvoir apercevoir les buildings de Manhattan.

Vincent Riou sur PRB est actuellement de nouveau dans une zone de transition. Après la gestion de la dépression hier dans la journée (avec des vents atteignant les 45 nœuds), changement d’ambiance pour PRB qui a dû traverser cette nuit et ce matin une dorsale anticyclonique.

Après les calmes de la journée d’hier, Vincent se prépare maintenant à affronter la dépression que tous les solitaires surveillent depuis plusieurs jours. En provenance de Terre Neuve, la perturbation tant attendue s’annonce particulièrement violente avec des vents pouvant atteindre les 55 nœuds dans les rafales et une mer très formée.

Encore une nuit compliquée pour la flotte des IMOCA. Vincent Riou en a même perdu son leadership. Décalé d’environ 25 milles dans le nord de PRB, Banque Populaire a réussi à passer une zone de molle sans s’arrêter tandis que Vincent a été plus à la lutte. La sanction est tombée au classement de 4h ce matin : PRB était à 33 milles du tableau arrière de Banque Populaire. Depuis, le skipper du monocoque vendéen a réussi à réduire l’écart à 22 milles. Pourtant, les deux leaders sont toujours aux prises avec le vent faible.
Ils traversent une large dorsale anticyclonique qui devrait les ralentir encore toute la journée. Armel Le Cleac’h est décalé de 10 milles dans l’ouest de Vincent et devrait donc naturellement être le premier à retoucher du vent. Mais quelle sera son avance à la sortie de la dorsale ? Difficile à dire pour l’instant. Les deux skippers jouent au gagne petit dans cette zone de transition avant de pouvoir ré-accélérer pour gagner dans l’ouest et rejoindre la dépression qui les attend d’ici une petite dizaine d’heures. Un autre morceau difficile à gérer et pour lequel Vincent s’est préparé en faisant un check complet du bateau. « Tout va bien à bord de PRB, j’ai pu tout inspecter. Je suis prêt pour le coup de vent qui nous attend. Il s’annonce assez violent. Je vais essayer d’aller dormir un peu avant pour être en forme » raconte le skipper de PRB déterminé à ne pas laisser la moindre occasion de reprendre la place qu’il occupait depuis le début de la course.

Vincent par téléphone en début d’après-midi :
« La nuit a été compliquée car nous avons été très ralentis. Et quand c’est reparti, ça a été d’un coup très rapide. J’ai dû être à 22 nœuds de moyenne pendant une heure !
Par contre, avant cela j’ai été arrêté un temps alors qu’Armel n’a jamais été stoppé au nord. J’ai actuellement 6 nœuds de vent et j’avance à 5 nœuds. Nous en avons pour toute la journée. On ira chercher la dépression ce soir. Elle est toujours aussi virulente que prévue.
Derrière cette dépression, on aura de nouveau une petite dorsale à passer puis une autre dépression. Celui qui réussira à sortir en tête de la dorsale sera le premier à toucher le nouveau vent. On va toucher les premiers effets de la dépression dans la nuit et nous devrions passer le front demain en milieu de journée. Disons que nous en serons sortis après-demain matin. »

Classement à 12h :
1 – Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) à 2 272,8 milles
2– Vincent Riou (PRB) à 22,21 milles
3 – Jean Pierre Dick (Saint Michel Virbac) à 51,59 milles
4 – Paul Meilhat (SMA) à 196,95 milles
5 – Richard Tolkien (44) à 367,21 milles

 

10 secondes … et tout peut basculer. C’est ce qui est arrivé cette nuit à Sébastien Josse lors d’un empannage intempestif. Lattes et corne de Grand’Voile abîmées pour le skipper d’Edmond de Rothschild, contraint à l’abandon.

Après 24h de course, Vincent Riou traverse actuellement le Golfe de Gascogne en direction du Cap Finisterre qu’il devrait parer dans la nuit.

Le skipper de PRB progresse, comme une bonne partie de la flotte de The Transat bakerly, sur une route sud en bordure de l’anticyclone des Açores. Les skippers ont donc choisi la sagesse en évitant les vents violents et la mer forte attendue sur la route nord, en raison de la présence d’une dépression en mer Celtique.
PRB navigue actuellement dans une vingtaine de nœuds de vent, légèrement décalé dans l’ouest de ses principaux rivaux. Au relevé de 19h00, il devançait Sébastien Josse de 1,7 milles et Armel Le Cleac’h de 6 milles.
La nuit prochaine, comme la première nuit de course, s’annonce corsée pour les solitaires qui vont devoir gérer un flux d’est nord est forcissant. Des manœuvres sont encore au programme de la nuit et dans ces conditions, chaque erreur peut coûter de précieux milles. Sébastien Josse a d’ailleurs avoué avoir perdu du terrain sur ses adversaires la nuit dernière en raison d’une erreur dans une manœuvre.
Au vu de ces premières heures de course, cette traversée de l’Atlantique même sur une route bien plus sud qu’habituellement, s’annonce au contact et sans répit pour les skippers. Sans surprise, les acteurs sont au rendez-vous et Vincent s’enthousiasme de la lutte qui l’attend face notamment aux deux monocoques équipés de foils et avec lesquels ils naviguent bord à bord depuis Plymouth.

Vincent, joint par téléphone ce matin :
« Tout va bien mais nous avons eu beaucoup de manœuvres dans la nuit. C’était un peu compliqué comme prévu. Je suis plutôt content de mon placement. Les conditions sont favorables aux foilers et vont l’être encore pour quelques jours. Je suis sous spi dans 12 nœuds de vent. J’essaye d’avancer vite mais il y a pas mal de houle. Il y a encore des changements de voiles à venir. Je reste très vigilant car dans les conditions actuelles, les écarts peuvent vite se faire. Nous naviguons sous le soleil, c’est plutôt agréable comparé aux conditions d’hier au moment du départ. J’ai pu me reposer ce matin. Je suis en pleine forme ! »

Relevé à 19h00 :
1 – PRB (Vincent Riou) à 2865,4 milles de l’arrivée
2 – Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) à 1,7 milles du leader
3 – Banque Populaire (Armel Le Cleac’h) à 6 milles du leader
4 – Saint Michel Virbac (Jean-Pierre Dick) à 18,2 milles du leader
5 – 44 (Richard Tolkien) à 45,8 milles du leader
6 – SMA (Paul Meilhat) à 68,3 milles du leader

C’est à 15h30 (HF) que Vincent Riou s’est élancé seul à bord de son PRB pour une traversée de l’Atlantique direction New York. Quelques minutes plus tôt alors qu’un front passait sur Plymouth brossant le ciel d’une brume et d’une pluie fine, Vincent affichait un sourire discret et un regard serein. Entouré jusqu’au dernier moment de son équipe technique, c’est lui qui semblait le plus relaxé, trouvant les bons mots pour rassurer ceux qui préparent avec lui, depuis plusieurs mois, ce rendez-vous important de la saison.
Une fois arrivé sur la zone de course, l’équipe a peu à peu quitté le bord, laissant Vincent seul face à son défi : remporter cette transat entre Plymouth et New York. « The Transat, c’est la transat de légende. C’est la transat la plus engagée que je connaisse. C’est une transat en accéléré avec des conditions souvent difficiles. Des conditions très différentes et des transitions quotidiennes voire plusieurs fois par jour. C’est une transat qui est physique mais intellectuellement intéressante car il faut en permanence se remettre en cause et réfléchir » a confié Vincent à plusieurs reprises alors que le départ approchait.

Une Transat et six candidats à la légende

Face à lui, cinq redoutables concurrents armés pour la plupart de bateaux nouvelle génération qui devront comme le skipper breton entrer rapidement dans la course. Le vent relativement calme au départ (15 nœuds de sud-ouest) va vite se renforcer pour atteindre dans quelques heures 25 nœuds de nord-ouest. Conformément aux analyses de Vincent hier, les premières heures de course pourraient être déterminantes. « Il va falloir arriver à trouver un moment pour naviguer vite dans l’après-midi tout en observant les conditions que j’aurais sur zone et en regardant les prévis de la fin d’après-midi. Ce sont ces fichiers qui seront décisifs et qui forgeront ma route pour au moins la première semaine de course » analysait le skipper de PRB quelques minutes avant de larguer les amarres.
La météo va en effet contraindre les skippers à des choix de route assez radicaux dès le début de la course pour s’appuyer soit sur une dépression au nord soit sur l’anticyclone au sud. Ce matin, à la lecture des derniers fichiers, la route sud semblait plus favorable. Vincent attendra le dernier moment pour se positionner et dévoiler sa stratégie : « Aujourd’hui, la route est plutôt à la faveur du sud mais on verra bien ce soir. Les priorités vont être dans les choix stratégiques, pas forcément dans la vitesse. Il va quand même falloir aller vite car il n’est pas question de se faire distancier par les adversaires mais il faudra prendre le temps de bien analyser les données pour faire les bons choix. Le tout, en allant très vite en Manche avec des cargos partout ! Ce ne sont pas des conditions faciles car le vent assez faible au moment du départ va se renforcer très vite. Il y aura quelques changements de voiles à faire. Il va falloir être capable de cumuler tout ça et garder la tête froide pour faire les bons choix ».

Le vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre sait trop combien l’exercice du solo est différent et exigeant surtout quand il s’agit d’une traversée de l’Atlantique Nord. Mais il attendait ce rendez-vous avec envie depuis plusieurs mois maintenant. Et il n’a qu’une intention : rendre la copie la plus propre possible. « J’espère arriver dans 12 jours à New York, c’est un bon objectif » a-t-il lancé, amusé, en quittant Sutton Harbour.

A Plymouth, le temps s’accélère. Dans moins de 24 heures, les six monocoques de 60’ inscrits sur The Transat bakerly s’élanceront pour une traversée de l’Atlantique Nord de 3 050 milles. Du côté de PRB, les visages sont détendus. Vincent profite de ses derniers moments à terre en famille tandis que l’équipe technique raye les derniers points sur la job-list. Le skipper de PRB garde simplement un œil permanent sur une météo qui ne cesse d’évoluer depuis plusieurs jours. Une météo qui va dicter des choix importants dès la ligne franchie. Deux options s’ouvrent aux skippers : une route passe quasiment par les Açores et permet aux bateaux de glisser sous l’anticyclone au reaching tandis que l’autre fait monter par 56° nord et oblige les skippers à gérer une dépression avec du vent soutenu.

 

Selon Vincent, ce choix de route devra être effectué entre le moment du départ et au maximum six heures après le coup d’envoi. Dans ce laps de temps, le skipper de PRB devra décider et se projeter sur les dix jours à venir. Un choix radical et sans retour. « Ce sera une décision importante car si tu dois changer d’avis quatre heures après, c’est trop tard. Tu es parti pour 10 jours. Il y aura le monde de droite et le monde de gauche. Il y a une version « au piolet » et une version tout schuss avec le spi. Mais pour l’instant ni l’une ni l’autre n’est garantie. C’est compliqué. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas moyen de recroiser au milieu. Je choisirai ce qui me semble être le mieux au bon moment. Si tu te trompes, ça peut être plié 12 heures après le départ ! La route sud est plus sûre avec une moyenne de vent à 15 nœuds quand là-haut, tu as une moyenne à 25 ou 30 nœuds. Tu as un mètre de vagues en bas, alors que tu as 5 mètres en haut. Ce n’est pas la même route ! A chaque fois que la route nord passe, on arrive avec une journée d’avance dans la zone des glaces. Si tu es enfermé dans le sud et que ça commence à bien passer par là-haut… Tu n’auras pas eu beaucoup de mer ni beaucoup de vent en effet mais tu es à peu près sûr d’arriver loin derrière les gens qui vont gagner à New York ! »  commente Vincent, routages à l’appui.

 

Dès mardi matin, les choix seront connus et devront surtout être assumés par les solitaires. C’est donc sans round d’observation que vont se jouer ces joutes atlantiques. Avec six bateaux de compétences similaires au départ, il y a peu de chances de voir des dissidents selon le skipper de PRB. « A six bateaux, il y a moins de risque qu’un bateau parte à l’envers de la piste. S’il y avait eu des bateaux de catégorie intermédiaire, ils auraient pu tenter de combler leur déficit de performance en faisant un choix de route différent. Mais il n’y a que des bateaux performants. On verra » poursuit Vincent.

 

Dans ces conditions, les premières heures de course vont être passionnantes et déterminantes. PRB quittera le ponton de Sutton Harbour vers 14h30 HF avant de s’élancer tribord amure dans du vent medium d’ouest nord ouest (15h30 HF précisément). Il y a fort à parier qu’au moment du départ,  Vincent aura déjà fait son choix. Mais lui seul le connaitra.

Pour Vincent Riou, ce sera la troisième participation à The Transat.

Depuis lundi soir, PRB est à quai dans le port de Plymouth et le team s’active autour du bateau pour peaufiner les derniers détails.