Tous les qualificatifs ont été utilisés pour décrire la vitesse d’Hugo Boss. Pourtant, il va falloir encore chercher car le bateau noir, toujours en tête de la flotte, va être le premier à accrocher la dépression qui mènera les leaders dans les quarantièmes. Cela signifie que ses moyennes vont encore augmenter !

Le Britannique fait une descente en apnée vers le sud et ce n’est pas fini. Selon Vincent Riou, il ne serait pas surprenant de le voir afficher 23 nœuds de moyenne dans les trois prochains jours. Pas le temps de s’arrêter pour reprendre sa respiration.

Les poursuivants tentent tant bien que mal de maintenir les écarts mais même les autres foilers perdent régulièrement un peu de terrain. Banque Populaire qui s’accroche pour l’heure à la deuxième place, affiche maintenant plus de 100 milles de retard (107 milles à 15h). Quant à PRB, il  occupe toujours la 4ème place. Il y a désormais 155 milles d’écart entre le monocoque d’Alex Thomson et celui de Vincent Riou. Mais le Breton n’est qu’à 40 milles de Sébastien Josse qui le devance au classement.

La bataille se poursuit. Intense, engageante, elle reflète l’état d’esprit de ces compétiteurs lancés à l’assaut du tour du monde. Personne ne veut lâcher prise même si certains s’avouent surpris par le rythme comme Morgan Lagravière.

Vincent Riou, lui, va devoir continuer à accepter de manger son pain noir dans ce long bord de reaching idéal pour les monocoques équipés des fameuses moustaches. « Les jours à venir s’annoncent gris, dans le front. On va avoir 25 nœuds et ça va encore accélérer. Ce sera comme cela encore pendant cinq jours. Nous allons être au taquet, reaching à 115-120° du vent. On risque d’avoir encore du différentiel de vitesse avec les foilers » explique Vincent. Pour lui, les écarts latéraux n’auront que peu d’incidence sur la suite de la course : « Franchement, ces positionnements un peu différents ne changeront pas la donne. C’est tellement infime par rapport à la distance que nous allons parcourir avec la dépression ».

Pour celui qui affiche toujours la même sérénité depuis le départ, ce qui compte est bel et bien de faire partie du premier groupe à s’échapper avec le front dépressionnaire vers les quarantièmes. Car ceux qui ne monteront pas dans ce premier train, risquent de regarder prochainement le match entre les bateaux de tête de très loin. « Nous allons être un groupe de six ou sept bateaux à partir. Je pense que ça passe pour Jérémie. Il va cravacher pour attraper le train avec nous. Nous allons considérablement creuser notre avance avec les autres. Je pense que l’écart sera peut-être doublé en une semaine. En tout cas, c’est ce qu’indiquent les routages » confie Vincent.
Le weekend ne s’annonce pas de tout repos. A ces vitesses, les bateaux mouillent et tapent énormément. « Nous sommes partis pour le vent fort » résume Vincent aux portes du Sud.

Interview de Vincent Riou ce matin :

«Nous n’avons pas toujours les conditions prévues par les fichiers. Cette nuit par exemple, j’ai eu de la molle assez longtemps. Et là, il y avait 16 nœuds prévus dans les fichiers et j’ai 23 nœuds ! J’ai toujours du vent de Nord Est. On progresse à 100° du vent. Les jours à venir s’annoncent gris, dans le front. On va avoir 25 nœuds et ça va encore accélérer. Ce sera comme cela encore pendant cinq jours. Nous allons être au taquet, reaching à 115-120° du vent.

Nous sommes partis pour le vent fort. On risque d’avoir encore du différentiel de vitesse avec les foilers. Je vois bien Alex Thomson afficher 23 nœuds de moyenne pendant trois jours. Comme il est dessous, il va démarrer plus rapidement. Il sera plus près de la pression, il aura plus de vent. Comme il est plus sud que nous, il peut se permettre d’être plus proche du front. Nous allons être un groupe de six ou sept bateaux à partir. Je pense que ça passe pour Jérémie. Il va cravacher pour attraper le train avec nous. Nous allons considérablement creuser notre avance avec les autres. Je pense que l’écart sera peut-être doublé en une semaine. En tout cas, c’est ce qu’indiquent les routages. »

Classement à 15h
1-     Hugo Boss (Alex Thomson)
2-     Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac’h) à 107 milles
3-     Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) à 116,3 milles
4-     PRB (Vincent Riou) à 155,6 milles
5-     SAFRAN (Morgan Lagravière) à 215,4 milles

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