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PRB à l’origine de l’une des plus grandes sagas du monde du sport

Créée en 1975 à La Mothe-Achard (Vendée) par Jacques Laurent, l’entreprise PRB débute son incroyable histoire avec la voile et le Vendée Globe en 1992 en complétant le budget de Jean-Yves Hasselin à qui, il manque 400 000 francs pour s’élancer dans la deuxième édition du Tour du Monde à la Voile en Solitaire Sans Escale et Sans Assistance. 24 ans plus tard, l’aventure se poursuit toujours puisque le sponsor prendra le 6 novembre prochain le départ de son 7ème Vendée Globe !

Une histoire au long cours qui fait référence au-delà de l’univers vélique. « Le sponsoring est une action qui s’inscrit dans la durée. Faire un coup, cela ne sert à rien. L’important c’est que ça dure dans le temps » confie Jean-Jacques Laurent, président du Directoire de PRB. La PME familiale a grandi. Avec ses 500 salariés, elle réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros. Le sponsoring sportif fait partie intégrante de la stratégie de PRB qui est d’ailleurs aussi présent sur le Dakar (partenaire du pilote Ronan Chabot) et dans la voltige (partenaire du pilote champion du monde Baptiste Vignes).

Deux décennies d’aventure et de performances

Vendée Globe, Route du Rhum, Transat Jacques Vabre… En deux décennies de sponsoring voile, PRB aura pris le départ des plus célèbres courses au large. L’entreprise vendéenne a construit son histoire à travers les aventures et les performances de quatre skippers dont certains d’entre eux ont écrit parmi les plus belles pages de l’histoire de la course au large : Jean-Yves Hasselin, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux et Vincent Riou.

En six participations au Vendée Globe, le sponsor connaîtra des heures difficiles (abandon de Vincent Riou en 2008 après le sauvetage de Jean Le Cam / abandon de Vincent Riou en 2012 suite à une collision avec un objet flottant) mais aussi le meilleur… En effet, Michel Desjoyeaux en 2001 puis Vincent Riou en 2005 permettront à PRB d’entrer la légende de la course en inscrivant son nom à deux reprises au palmarès de l’Everest des mers. PRB est à ce jour le seul sponsor à avoir remporté deux fois le Tour du Monde ! Vincent Riou sera aussi cette année le seul ancien vainqueur sur la ligne de départ le 6 novembre prochain. 

Pour son 7ème Vendée Globe, le plus ancien des sponsors présent au départ n’a rien changé de la recette qui a fait le succès de son sponsoring. Chaque jour, pendant les trois semaines du village du Vendée Globe, PRB recevra des fournisseurs, partenaires et salariés. Accueil au siège de l’entreprise, rencontre avec Vincent, déjeuner sur le village du Vendée Globe puis présentation du bateau : le sponsoring chez PRB est envisagé comme un levier de croissance au même titre que les actions commerciales ou l’innovation produit. Jean-Jacques Laurent, Président du Directoire de PRB, nous explique pourquoi une telle longévité. 

24 ans de fidélité, c’est que le sponsoring est efficace pour PRB ?

J-J. L. : « C’est désormais dans notre ADN. Nos clients et nos salariés sont très attachés au Vendée Globe. Et, quand un événement fédère aussi fort autour d’une marque, que le sport paraît propre, que le milieu semble sain et les rapports simples, il ne faut pas trop réfléchir : il faut foncer. Nous sommes sur le Vendée Globe pour répondre à notre besoin de communication et nous y trouvons le support le mieux adapté à notre format et, sinon le moins cher, le plus rentable. Une PME peut se faire connaître sans investir des millions à la télévision, et de manière plus sympathique puisqu’elle vient raconter une histoire d’hommes dans un sport qui est aimé. Les bonnes retombées font du bien pour une PME comme nous. »

Les années de Vendée Globe (l’épreuve a lieu tous les quatre ans, ndlr) ont-elles des répercussions directes sur les chiffres de PRB ? 

« On ne peut pas dire ça car en 2012, c’était la crise du bâtiment donc notre engagement dans le dernier Vendée Globe n’a pas réussi à inverser la course. Cette crise a commencé à partir de 2008 et nous, nous l’avons vraiment sentie en 2015. Le dernier Vendée Globe a donc été un Vendée difficile pour nous car en pleine crise commerciale. Ces derniers mois, nous sentons que les particuliers achètent des maisons. Nous sommes sur le bon chemin. Mais en général sur des années hors crise, il y a un rapport direct entre le projet et les chiffres. Quand nous avions une croissance de 15%, 5% était dû au phénomène bateau. » 

Quelles sont les principales évolutions en termes d’investissements depuis votre premier Vendée Globe en 1992 ?

« En 1992, le bateau était en aluminium. Il allait beaucoup moins vite et était beaucoup plus lourd. La préparation des marins a beaucoup changé. Les skippers autrefois étaient plus des aventuriers. Ce n’était pas des spécialistes du figaro comme aujourd’hui. Ils ne s’entrainaient pas entre eux, il n’y avait pas un pôle de course au large comme il y a maintenant avec notamment celui de Port-la-Forêt. Les marins partaient avec deux jeux de voile car les matériaux n’étaient pas aussi évolués qu’aujourd’hui. On ne connaissait pas vraiment la résistance des bateaux. Tout ça a beaucoup évolué, la technique est passée par là. Et évidemment, sur le plan de l’investissement financier, cela a aussi évolué. Nous avions investi 400 000 francs à l’époque dans le bateau de Jean-Yves Hasselin. Aujourd’hui, le budget de fonctionnement annuel du bateau est de 1,5 millions d’euros. »

Comment faîtes-vous vos arbitrages par rapport à ce volet investissement technique ?

« Quand il faut faire un bateau neuf, il faut construire le bateau le plus compétitif possible en faisant attention à ne pas dépasser un certain budget. Il y a donc des choix techniques qui se font. Pour tout ce qui est chantier, accessoires, mât, nous en discutons avec Vincent. Après une fois que le chantier commence, nous essayons de reprendre un moule qui existe. Il faut optimiser au maximum tout en étant le plus performant possible. D’ailleurs le bateau avec lequel s’engage Vincent cette année est le même qu’il y a quatre ans. On est vigilant sur la maitrise des coûts et puis notre histoire a montré que l’on pouvait gagner avec un bateau d’ancienne génération. Quand Vincent gagne en 2004, ce n’était pas avec un bateau neuf. »

On parle souvent du budget du bateau mais un sponsoring ne peut pas vivre avec seulement un investissement dans le bateau ?

« C’est vrai. Il y a le bateau, le skipper et toute son équipe technique et puis à côté il y a toute une communication qui se fait pour recevoir le plus possible de clients tous les jours qui viennent de toute la France. L’objectif est de les faire rêver, leur présenter l’entreprise et le projet et visiter l’évènement. Pareil pour la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre. La réussite du projet est basée là-dessus. J’ai en tout cas un principe de base qui guide tous nos objectifs et toutes nos opérations : il faut, quand nous passons la ligne de départ, que l’investissement soit amorti ! Tout ce qu’il y a après la ligne de départ en communication et en retombées médiatiques ne doit être que du plus pour l’image de l’entreprise. »