Pour Vincent Riou, ce sera la troisième participation à The Transat. Cette course s’est à chaque fois dressée comme un obstacle infranchissable pour le skipper de PRB (démâtage en 2004, abandon après avoir endommagé la quille en 2008 suite à la rencontre avec un requin pélerin). Il mesure donc toute la valeur de la transat qui va se proposer à lui dans moins de 48 heures.

Face à un plateau qui rassemble les 60’ les plus en verve du moment, Vincent sait que le combat sera ardu. Un combat pour lequel il s’est préparé au mieux. Il connaît son bateau sur le bout des doigts et le retour au solitaire l’enthousiasme après une année où il a tout remporté en double, notamment la Transat Jacques Vabre.

Vincent a donc tout pour être au rendez-vous avec The Transat. Ou peut-être est-ce The Transat qui a rendez-vous avec Vincent Riou.

Rencontre à Plymouth avec un skipper déterminé.

The Transat, c’est quoi pour toi ?
« The Transat, c’est LA transat la plus dure, la plus engagée. C’est l’Atlantique Nord à la mauvaise saison et dans le mauvais sens. Mais c’est aussi pour ça que nous venons, pour disputer cette épreuve qui est une référence du monde de la course au large.
Chaque course a ses spécificités. The Transat est différente car en très peu de temps, nous sommes confrontés à plusieurs situations météo différentes. Il y a plein de choix que l’on doit être capable de faire très vite. C’est une de ses difficultés. C’est un exercice différent d’une transat Jacques Vabre ou d’un Vendée Globe où l’on va plutôt faire de longs bords dans des situations météo assez stables et avec des évolutions lentes. Là, tout sera en accéléré. C’est ce que je viens chercher, un exercice dur, intéressant, formateur. Un marin qui sait faire ça, à priori il saura se débrouiller de tout le reste. »

Que penses-tu du plateau en IMOCA ?
« Le plateau est beau sur cette édition. Il est de qualité même s’il n’est pas important en nombre. Un des bateaux les mieux préparés, avec le nôtre, c’est Banque Populaire. Il y a aussi des bons bateaux avec de bons marins comme Sébastien Josse ou Jean-Pierre Dick mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous confronter. Et également Paul Meilhat, qui revient d’une mésaventure l’année dernière et qui aura sans doute d’autres priorités que nous car il doit se qualifier pour le Vendée Globe. Mais on ne sait jamais ! C’est un bon navigateur, il aura aussi son mot à dire. »

Comment se place PRB par rapport aux bateaux à foils ?
« Concernant les foilers, je ne crois que ce que je vois ! Ce que j’ai vu, notamment chez Banque Populaire, c’est que les évolutions sont là mais elles sont là pour tout le monde. Nous avons progressé, eux aussi mais je ne suis pas sûr que l’écart soit très différent par rapport à ce que nous avons pu connaître précédemment. Il y a bien sûr des inconnues car nous n’avons pas navigué avec tous les bateaux qui s’alignent sur cette transat. »

Quel est l’objectif sur cette transat ?
« Le marin qui arrivera le premier à New-York, c’est celui qui aura enchaîné le mieux les situations météo, avec le bateau le plus fiable possible et en cassant le moins de matériel possible. L’objectif, c’est de bien naviguer, effectuer de belles trajectoires en faisant attention au bateau : bien faire le job ! »