Vincent Riou a parcouru pour la première fois les 4 350 milles de la Transat Jacques Vabre à bord d’un multicoque de 50’.C’est sur l’invitation d’Erwan Le Roux, skipper du trimaran FenêtréA Mix Buffet que le Breton a embarqué sur une course à laquelle il a participé à six reprises. Auréolé de ses deux victoires successives sur l’épreuve (en 2013 avec Jean Le Cam et en 2015 avec Sébastien Col), Vincent faisait office de favori avec Erwan Le Roux, très expérimenté en multi 50 et triple vainqueur de l’épreuve dans cette catégorie.

Le duo n’a pas trahi tous ceux qui croyaient fort en leur association. Et ils ont offert tout au long de cette traversée de l’Atlantique une superbe confrontation avec Arkema (Lalou Roucayrol et Alex Pella). Une confrontation pleine de rebondissements. FenêtréA Mix Buffet, en tête dès le premier front passé creuse l’écart sur son principal poursuivant et se présente devant le Pot au Noir avec plus de 100 milles d’avance. Si la zone est toujours approchée avec beaucoup d’incertitudes pour les marins, l’avance confortable avait de quoi réjouir le duo. Mais l’enchainement des événements qui a suivi est venu contrarier les plans des marins de FenêtréA Mix Buffet… Un gros bidon métallique vient d’abord heurter le bateau, endommageant la quille du multicoque puis une météo défavorable dans le Pot au Noir et enfin la casse de la drisse de gennaker vont leur faire perdre du terrain. A la faveur d’un passage du Pot au Noir bien négocié, Arkema réussira quant à lui à reprendre la tête de la course. Pour réparer leur drisse, Erwan et Vincent n’auront d’autre choix que de s’abriter sous le vent de l’île de Fernando de Noronha concédant quelques milles supplémentaires à leur principal adversaire. C’est donc finalement Lalou Roucayrol et Alex Pella, auteurs d’une très belle course qui s’imposent à Salvador de Bahia.

Vincent et Erwan, arrivés aujourd’hui à 16h 26mn 23s après 11 jours 02h 51mn et 23s de course, terminent deuxièmes mais ont le sentiment du travail bien fait. Sur le plan sportif, la compétition a été extrêmement relevée et c’est ce qu’était venu chercher le duo. Et sur le plan humain, l’expérience a été très riche pour les deux marins qui n’avaient jusqu’alors jamais navigué ensemble.

Alors qu’il avait à peine mis le pied sur les pontons brésiliens, Vincent a tenu à nous raconter sa transat Jacques Vabre partagée avec Erwan Le Roux :

Au sujet de la course et du bateau :

« Nous avons fait une belle transat. Nous n’avons pas été épargnés par les difficultés donc nous sommes très contents de terminer 2ème. Et puis Lalou n’avait jamais remporté l’épreuve malgré ses 8 participations précédentes. Nous sommes contents pour lui. Vraiment, je crois que nous n’avons pas démérité. Nous avons fait notre course sans prendre trop de risques, sans faire n’importe quoi. Nous n’avons pas fait une course de têtes brûlées. Tu ne peux pas avoir cette approche sur ces bateaux.
Je disais au départ du Havre que ces bateaux sont à surveiller comme le lait sur le feu. Et bien c’est le cas. Si tu ne regardes pas pendant trente secondes, le lait déborde ! Un de nos combats a été le sommeil. Tu dois rester lucide tout le temps et si tu es en manque de sommeil, tu perds en lucidité. Franchement, je trouve que sur ces bateaux, dans certaines conditions, on n’est pas loin des sports extrêmes.
»

Sur le plan humain avec Erwan Le Roux :

« C’est une très belle expérience. On ne se connaissait pas bien avec Erwan et nous nous sommes découverts. Sur ces bateaux, qui sont particulièrement exigeants, il faut rester soudés. C’est absolument important. Erwan est un mec super, vraiment très sympa ! Et puis, il a de l’expérience sur ces bateaux ! Tant sur le plan sportif que sur le plan humain, je me suis régalé !»