Nouvelles couleurs, nouvelles ambitions, Ronan Chabot, le pilote de la Roche-sur-Yon relève avec une passion et une détermination intactes le défi du Vendée Globe des rallye-raids.

Dans quel état d’esprit abordez-vous votre 13e Dakar, le 5e en buggy ?
Chaque édition est différente. 2015 se présente dans la continuité de l’an dernier où nous avions inauguré un nouveau buggy plus performant, bien-né, mais dont la jeunesse nous a parfois joué des tours. Nous avons donc capitalisé sur l’expérience du dernier Dakar en apportant à la voiture des évolutions techniques (roulements, suspensions…). Nous repartons dans un esprit à la fois convivial et professionnel, autour d’une équipe expérimentée que nous connaissons. Nous renouons avec une aventure humaine et des valeurs communes aux côtés de nos partenaires PRB, Opteven, Exxon Mobil…

Quel sera votre objectif après votre podium en deux roues motrices l’an dernier ?
La course est ouverte, et la concurrence relevée. Après nos victoires en 2012 et 2013*, nous savons ce que nous sommes capables de réaliser avec le buggy. Il est toujours difficile d’établir un pronostic sur le Dakar. Nous donnerons le meilleur de nous même, et nous ferons les comptes à l’arrivée à Buenos Aires, le 17 janvier.

Précisément, quelle sera la clef de la réussite en 2015 ?
L’essentiel est de toujours être à sa place et dans le bon rythme. Il y a des jours où il faudra pondérer ses attaques, notamment sur les spéciales typées WRC où le buggy n’est pas à son avantage. Nous devrons composer également avec les étapes marathons en Bolivie. Le parcours s’annonce aussi sablonneux, avec de grands espaces. Une typologie de terrain plus favorable à notre deux roues motrices.

Quelle analyse faites-vous des derniers essais menés au Maroc cet automne ?
Nous avons repris le buggy en mains, et retrouvé nos automatismes de course. Les quelques centaines de kilomètres d’essais nous ont permis aussi de valider le set-up des suspensions. Nous sommes confiants. Le Dakar demeure une aventure humaine, sportive et mécanique.

Le mot de Gilles Pillot, copilote du team :

« Nous abordons l’édition 2015 de manière plus sereine. Nous retrouvons notre identité autour d’une équipe à taille humaine. L’expérience aux côtés de Carlos Sainz l’an dernier nous a apporté de belles satisfactions. Elle nous a tiré vers le haut en matière notamment de mise au point du buggy et de gestion de l’épreuve. Nous travaillons depuis mars dernier à la préparation de la course. Le Dakar demeure le rallye-raid majeur de l’année, le plus long et le plus difficile.

Côté parcours, le tracé en boucle au départ de Buenos Aires en Argentine devrait alterner entre étapes roulantes et difficiles. Plus il y a de sable et de navigation, meilleur on est ! Quoiqu’il en soit, il n’y a pas de Dakar facile. Il faut gérer la mécanique, la fatigue…

Nous allons aussi découvrir le salar d’Uyuni, le plus grand lac salé au monde situé à 4000m d’altitude en Bolivie. L’étape promet d’être un grand moment marqué par la ferveur attendue de la population bolivienne. La course va aussi renouer avec les spéciales marathons, une première depuis 2005 en Afrique. Il faudra être attentif à la mécanique. Cela peut ajouter du piment à la course. Elle permettra dans le même temps à nos assistances de reprendre leur souffle. Car le Dakar demeure une course d’équipe : sans nos mécaniciens et nos chauffeurs d’assistance qui roulent le jour et travaillent la nuit, nous ne pourrions pas aller au bout. »